Soutenance de thèse

Soutenance de thèse de Victoria Chantseva

Victoria Chantseva soutiendra sa thèse intitulée “Rendre propre. Une enquête multi-située sur un travail éducatif (France, Russie, Norvège)” le 14 décembre 2022.

Membres du jury
  • Gilles BROUGÈRE Professeur à l’Université Sorbonne Paris Nord, Président
  • Sandrine GARCIA Professeure à l’Université de Bourgogne, Rapporteuse
  • Pascale GARNIER Professeure à l’Université Sorbonne Paris Nord, Directrice de thèse
  • Cyril LEMIEUX Directeur de recherche à l’EHESS, Examinateur
  • Juliette RENNES Directrice de recherche à l’EHESS, Rapporteuse
  • Stéphanie RUBI Professeure à l’Université Paris-Descartes, Examinatrice
Résumé de la thèse

L’enquête, que cette thèse restitue, s’intéresse à l’apprentissage de « la propreté sphinctérienne » via l’étude des représentations et des prescriptions normatives qui y sont associées, des expériences des mères (parents), des objets des enfants et du travail des professionnelles de la petite enfance dans trois contextes nationaux : en France, en Russie et en Norvège. De fait, ce processus d’apprentissage est empreint d’une diversité de représentations et de prescriptions afférentes à l’âge, aux attitudes attendues des adultes et aux interdits caractéristiques des pratiques éducatives. À partir du constat des tensions normatives propres à ce processus et de l’ambivalence sous-jacente à ces tensions – relative au contrôle tantôt « externe », tantôt « interne » au corps de l’enfant, l’analyse cherche à comprendre les ressorts de la transformation de cet apprentissage en une « acquisition naturelle », les ruptures et les différends que suscite ce sujet et les mécanismes par lesquels s’établissent les consensus. Au-delà de prendre acte de « différences culturelles » entre trois contextes nationaux, la démarche comparative adoptée met en exergue le rôle des institutions, des industries, des groupes professionnels, et des formes de collaboration à l’intérieur et à l’extérieur de l’espace domestique. Ce faisant, cette démarche permet de montrer comment le contrôle des « besoins naturels » relève de processus non pas « naturels », mais sociaux.
Dans un premier temps, en mobilisant le concept « d’informalisation », cette thèse retrace l’évolution des représentations et des prescriptions éducatives à partir de l’analyse de manuels de puériculture, et distingue ainsi trois modèles normatifs d’apprentissage (« dressage », « coopération », « autonomie »), qui se succèdent. Cette succession reflète, d’une part, un assouplissement, sur le plan discursif du moins, de la hiérarchie enfants-adultes, dont un effet collatéral est la délégitimation d’une imposition autoritaire de la maîtrise du corps. D’autre part, cette évolution renvoie à une transformation du travail domestique, et du mouvement sous-jacent, décliné différemment selon les pays, de naturalisation des contraintes sociales.
Dans un deuxième temps, à partir d’observations ethnographiques et d’entretiens, cette thèse examine les conflits normatifs autour des articles de puériculture (couches jetables), des objets des enfants (albums, récompenses), ainsi que des tensions normatives qui émergent dans les situations et les lieux de confrontations des pratiques éducatives domestiques et institutionnelles (lieux d’accueil de la petite enfance). Tout en soulignant les spécificités des configurations institutionnelles françaises, l’argument général développé dans cette thèse vise à montrer comment se déploient les contraintes liées à la prise en charge des jeunes enfants et les épreuves de coopération entre les personnes impliquées dans le partage du « sale boulot » de l’hygiène.

Mots-clés : âge, corps, éducation, hygiène, institutions d’accueil de la petite enfance, manuels de
puériculture, parentalité, professions de la petite enfance

Date

14 Déc 2022
Expired!

Heure

14 h 00 min - 17 h 00 min

Labels

Soutenances

Lieu

Campus Condorcet, Centre de colloques, salle 100
Catégorie

Prochain Événement