Marie-Hélène VERNERIS

Doctorante Axe-A

Marie Hélène VERNERIS, doctorante en Sciences de l’Education à l’université Paris 13/Nord dans l’axe A « Le sujet dans la Cité. Education, socialisation, biographisation » du Centre interuniversitaire EXPERICE (Paris 13/Nord-Paris 8) est conseillère en formation auprès des Chefs d’Etablissements des unités d’enseignements pédagogiques du second degré sur les académies de Paris, Créteil et Versailles. Par ailleurs, Elle anime, à titre bénévole, des ateliers d’écriture biographique en milieu carcéral, depuis plusieurs années. Elle s’est intéressée aux questions de biographisation mises en œuvre dans la construction du sujet en milieu carcéral.

Présentation de la thèse

Sujet : Biographisation et construction identitaire en milieu carcéral : d’une rupture  biographique à une reconfiguration identitaire

Ce travail de thèse s’inscrit dans les champs de travail prioritaires de l’AXE A du Centre de Recherche Interuniversitaire Expérience, Ressources Culturelles, Education (EXPERICE), sous la direction de Christine Delory-Momberger. Les travaux de recherche de cet axe portent sur les processus de construction du sujet au sein de l’espace social. Cet axe s’oriente plus particulièrement vers l’étude des relations complexes entre le contexte sociohistorique et culturel et les biographies individuelles. L’intérêt se porte vers la construction du sujet dans le cadre de ce processus d’interaction et d’articulation.

Ma recherche vise à contribuer à cette démarche de compréhension en se focalisant sur le processus de construction de la personne incarcérée en tant que « sujet ». Je m’intéresse particulièrement aux personnes détenues vivant en Maison d’Arrêt ou en Centre de Détention que leur situation spécifique d’incarcération visant la privation de liberté en tant que peine et sanction met « temporairement » dans l’obligation de se créer une place, en tant qu’acteur social et politique, en mobilisant de manière particulièrement intense des ressources de type culturel au sens anthropologique du terme, des capacités à agir sur leurs contextes (précarité, exclusion) ainsi qu’à créer du lien social.

Mon intérêt pour la question de la (re)construction de soi au travers de l’identité narrative, fidèle à Ricœur, fait suite à ma participation et implication personnelle aux différents ateliers concernant « les histoires de vie et recueil de récits de vie en formation », animée par Christine Abels-Eber qui m’a initiée à la pratique des histoires de vie en formation sur le modèle du séminaire du type « roman familial et trajectoire sociale », ateliers mis en œuvre et intégrés au parcours de formation du Master 2 en Sciences humaines et sociales à l’Université de Tours. Ma participation également aux différents séminaires dans le même cadre universitaire conduits par Gaston Pinaud, Alex Lainé et Vincent de Gaulejac « Intervenir par le récit de vie » et « Démarches de récit de vie en formation » a permis de compléter mes connaissances  par des apports théoriques sur le même axe de réflexion et de questionnement.

Ces travaux de recherche permettront de comprendre le travail de configuration et de métabolisation qu’un sujet singulier produit par le discours qu’il tient sur son propre parcours et celui qu’il fait de son histoire dans le contexte carcéral. Il s’agit d’inscrire des biographies individuelles, marquées par des postures identitaires et culturelles qui leur sont propres, dans un contexte sociétal spécifique qui est ici celui de l’institution carcérale.

La question que je développerai, pourrait donc se formaliser en deux temps :

a. Le temps de l’incarcération est-il celui de la rupture biographique ?

Episode spécifique d’une existence, la détention oblige l’acteur enfermé à la réflexion au cours de laquelle passé, présent et futur se redessinent et où les conceptions de soi sont à redéfinir.

b. En quoi la démarche de biographisation menée pendant la période d’incarcération contribue-t-elle à développer un processus de formation-transformation de soi et de ses univers de références ?

Directrice de la thèse : Christine Delory-Momberger

Publication

Verneris, MH. (2016). Quand les graffitis font le mur… Analyse socio-sémiotique dans les murs d’une ancienne abbaye reconvertie en maison centrale, Clairvaux. Hors série Le sujet dans la cité, revue internationale de recherche biographique, actuels n°5 (Représentations, traces, images. Des peintures du néolithique aux écritures de soi contemporaines), 45-62. Vers la revue